Trois jours à Palma de Majorque, c’est suffisant pour couvrir le centre historique, s’offrir une escapade sur la côte nord et profiter d’une journée mer sans courir. Le piège classique : vouloir tout caser, louer une voiture dès le premier matin et passer plus de temps sur la route que dans les ruelles. On propose ici un itinéraire qui part d’une contrainte simple, rester à pied le premier jour et ne prendre la route qu’ensuite.
Palma à pied : les quartiers qui méritent une vraie demi-journée
La plupart des guides expédient le centre-ville de Palma en quelques lignes, cathédrale, château de Bellver, marché. On perd alors ce qui fait le sel de la ville : ses micro-quartiers piétons où l’on change d’ambiance en tournant un coin de rue.
Lire également : 3 jours à Budapest : itinéraire idéal pour découvrir la perle du Danube
Le quartier de la Llonja, ancien quartier des marchands, concentre des galeries, des bars à tapas et une architecture gothique civile qu’on ne retrouve nulle part ailleurs sur l’île. On y passe facilement deux heures sans entrer dans un seul musée.
La cathédrale de Palma et le Parc de la Mar
La cathédrale (La Seu) se visite le matin pour éviter la foule des croisiéristes qui débarquent en fin de matinée. Le Parc de la Mar, juste en contrebas, offre un point de vue sur la façade sud que beaucoup de visiteurs ratent parce qu’ils entrent directement dans l’édifice.
A lire aussi : Pérégrination en Alentejo portugais : itinéraire et conseils
En longeant les remparts vers l’est, on rejoint les thermes arabes (Banys Àrabs), un vestige compact mais rare des Baléares médiévales. Le détour prend une quinzaine de minutes à pied depuis la cathédrale.
Mercat de l’Olivar plutôt que Santa Catalina le matin
Le marché de Santa Catalina est devenu très touristique. Le Mercat de l’Olivar reste plus local, avec des étals de poisson frais, de charcuterie majorquine (sobrassada) et des comptoirs où l’on mange debout. On y va le matin, avant midi, pour le voir en activité réelle.

Sóller et le nord de Majorque : la journée qui justifie la voiture
Le deuxième jour change de rythme. On quitte Palma pour la Serra de Tramuntana, la chaîne montagneuse classée au patrimoine mondial. C’est là qu’une voiture de location devient utile, ou à défaut le train historique Palma-Sóller, une ligne en bois qui traverse la montagne.
Port de Sóller comme base de la journée
Port de Sóller fonctionne comme un camp de base idéal pour rayonner dans le nord. La baie est abritée, bordée de restaurants sans être surchargée hors saison. Depuis le port, un tramway relie le village de Sóller en quelques minutes.
On peut y caler le déjeuner, puis reprendre la route vers le cap de Formentor ou vers Pollença selon le temps disponible. Les retours varient sur la praticabilité de la route du Formentor en été (restrictions de circulation certains mois), donc on vérifie avant de partir.
Valldemossa ou Deià : un seul village suffit
Les deux villages sont souvent vendus ensemble dans les itinéraires. En pratique, ils se ressemblent par leur cadre (pierre blonde, terrasses en oliviers, vue sur la mer). Visiter les deux le même jour dilue l’expérience.
- Valldemossa attire pour la chartreuse où Chopin et George Sand ont séjourné, et pour ses ruelles fleuries accessibles sans effort physique
- Deià séduit les marcheurs : un sentier descend vers la Cala Deià, une crique rocheuse où l’on se baigne entre les falaises
- Si on voyage sans voiture, Valldemossa est plus simple d’accès depuis Palma par bus direct
On choisit l’un ou l’autre selon son envie du jour, pas les deux.

Troisième jour côté mer : plages et criques autour d’Alcudia
Le dernier jour, cap vers le nord-est. La baie d’Alcudia offre les plages les plus longues de l’île, avec un fond sablonneux qui descend en pente douce. C’est un bon choix quand on voyage avec des enfants ou qu’on veut simplement une journée de baignade sans randonnée.
Vieille ville d’Alcudia le matin
Avant la plage, la vieille ville fortifiée d’Alcudia mérite une heure de visite. Les remparts médiévaux sont accessibles à pied, et les ruelles intérieures abritent des cafés tranquilles. Le mardi et le dimanche, un marché s’installe dans le centre.
Cala en alternative à la grande plage
Si la plage d’Alcudia paraît trop fréquentée (ce qui arrive vite en juillet-août), on bifurque vers une cala. Les criques de la côte est, comme celles autour de Cala Figuera ou Porto Colom, demandent plus de route mais offrent des eaux turquoise dans un cadre nettement moins urbanisé.
Le choix dépend du temps de trajet qu’on accepte. Depuis Alcudia, compter une bonne heure de route vers le sud-est. Depuis Palma, on peut aussi viser les criques du sud-ouest, plus proches.
Contraintes pratiques à régler avant de partir pour Palma de Majorque
Quelques points opérationnels qu’on oublie souvent dans la planification :
- La location de voiture à l’aéroport de Majorque coûte nettement moins cher réservée en avance qu’au comptoir. Pour un séjour de trois jours centré sur Palma, on peut s’en passer le premier jour et ne louer que pour les deux suivants
- Le bus Palma-Valldemossa et le train Palma-Sóller permettent de faire le nord sans voiture, mais les horaires se resserrent hors saison
- Se loger dans le centre de Palma simplifie le premier et le dernier jour. Un hôtel près de la Plaça Major ou du Passeig del Born place à distance de marche de la cathédrale, des marchés et des restaurants
- Les criques populaires (Cala Llombards, Es Trenc) saturent dès la mi-matinée en été. On y arrive avant dix heures ou on choisit une alternative moins connue
Palma de Majorque en trois jours laisse forcément des zones blanches sur la carte : la côte est, les grottes d’Artà, le village de Santanyí. Ce n’est pas un problème. Mieux vaut trois jours bien rythmés qu’un planning surchargé qui transforme chaque étape en passage éclair. On garde ces points pour un prochain séjour, ou pour un road trip plus long sur l’ensemble de l’île.

